En inflitration chez les barbus. Dans un an, je suis chef du Hezbollah, dans 2 ans j'ai la nationalité iranienne, et dans 3 ans j'ai un harem. Elle est pas belle la vie?
@Skype: OussamaBenLiquid
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Un Shtroumpf local
Vous avez déjà eu vent de certains clivages existant entre les différentes communautés libanaises. Mais je n'ai évoqué que les groupes les plus radicaux, les Forces Libanaises et le Hezbollah.
Ca ne se résume pas à ça, c'est évidemment bien plus compliqué.
D'ailleurs, je sais même pas par où commencer. Dix-sept communautés confessionnelles ont une existence officielle au Liban, chacune relevant d'un droit privé spécifique appliqué par des tribunaux religieux.
J'en viens à trouver un certain charme à ce perpétuel imbroglio : le bordel, c'est beau quand c'est bien fait.
Ah tiens je vais commencer par la fac. Il y a deux mois, on a eu droit à des élections étudiantes. Pas grand-chose à voir avec la version française, où tout le monde s'en tamponne et où les enjeux électoraux se bornent à savoir quelle bande de joyeux lurons apolitisés va conquérir la gloire immortelle d'obtenir du conseil d'administration qu'ils changent enfin la machine à café du 3ème parce que l'option « sucre » marche jamais (j'ai fait les CA de Paris V, j'invente rien).
Ici, les étudiants sont au contraire extrêmement politisés, et ça part facilement en eau de boudin. Ce que j'ai commencé à soupçonner fortement en apercevant un nombre inhabituel de militaires dans la fac. D'autant plus que cette fois ils portaient ostensiblement leurs kalashnikovs dans les bâtiments, et que les vigiles ne m'ont pas laissé rentrer malgré ma carte d'identité française (qui fait office de sésame lorsque j'ai oublié ma carte d'étudiant). J'ai donc poireauté quinze minutes en attendant que la directrice du service Sciences Po puisse descendre m'identifier, quinze minutes à nous faire palper, moi et mon ordinateur, par des molosses sur les dents.
Malgré ce dispositif sécuritaire imposant, c'est parti en couille : j'ai eu la joie d'assister à la bestialité d'une cinquantaine de belligérants qui se jetaient des chaises à la gueule et se ratonnaient dans les couloirs faute d'être d'accord sur une définition de la libanité. Débat qui n'opposait pourtant que les partisans de Samir Geagea (FL, droite) aux partisans du Général Aoun (Aounistes, centre). C'est comme si des mecs de l'UDF se bastonnaient au sang avec des types de l'UMP à propos de la réforme de l'ISF.
Les élections se sont finalement terminées sans incident « grave », y'a seulement eu deux blessés par balles dans une annexe de ma fac, à Tripoli. Ils prennent ça très au sérieux donc.
Moi pas du tout, j'avais marqué « Bachar El Assad » (le Staline de Syrie) sur mon bulletin de vote, c'est un peu l'ennemi public n°1 au Liban. Après le dépouillement, le bruit s'est répandu sur le campus qu'un « ibn sharmut » (fils de pute) avait osé écrire ça. J'ai trouvé plus sage de garder ma pauvre vanne pour ma pomme et celle des français, on est les seuls que ça a fait rire.
Je sais que tout ça paraîtra fort décousu, mais une lecture régulière de ce blog devrait vous faire comprendre ce qu'à mon grand regret je découvre au quotidien : derrière les grandes affirmations patriotiques, dont la plupart des libanais se gargarisent, se cachent souvent d'hideuses définitions du pays, des conceptions incompatibles avec l'acceptation de l'existence de l'Autre dont ce pays à tellement besoin.
Souhaitons que le Liban puisse survivre à l'extrémisme de certains de ses habitants, ce dont je doute chaque jour plus fortement.
P.S: Suite aux publications d'un journal danois comprenant des caricatures du Prophète, ça boycotte le Danemark de partout. Normal, c'est un "acte de racisme ignoble" d'après la Ligue Arabe. Perso, je m'en battrais pas autant la nouille si on trouvait encore des Krisprolls dans le coin.
Publié par Oussamabenliquid à 16:51:42 dans OussamaBenLiquid | Commentaires (14) | Permaliens
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