• Pour tous ceux qui s'intéressent vraiment au Liban, qui en ont marre des jeux de mots pourris et des histoires scabreuses, il existe un vrai blog qui fera le bonheur de tout libanophile digne de ce nom.

    Ousslamiquement vôtre.


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  • Je rentre d'une soirée mouvementée.

     Où j'ai tenté, humanisme oblige, de régler un différent entre amis à propos d'un viandage majeur en scooter, c'est ça le bonheur quand on partage une propriété privée.

    J'en avais strictement rien à battre, mais il s'agissait de trois potes que j'adore, et que je voyais mal se déchirer pour si peu.

    Ca m'apprendra à tenter la médiation.

    Le responsable de l'incident, presque aussi torché que moi, m'a mis trois claques pour tentative d'exposition de théorie ennemie.

    A la quatrième, la patience à bout, j'ai suggéré un lieu neutre et discret me permettant une explication physique entre hommes qui ne se finisse pas à la Sûreté Générale (lieux dont je connais déjà, à mon grand regret, la configuration, pour terrorisme intempestif).

    Je monte dans sa bagnole, où je tente encore de lui expliquer que l'amitié qui le liait à ses congénères n'est pas condamnée, et que tout ça n'est qu'anecdote.

    Deux minutes plus tard, malgré mes tentatives de dédramatisation, il me désigne un parking: "Ok, y'a personne, on va pouvoir discuter".

    Le plus dur a été d'expliquer au taxi chiite, sur le chemin du retour, que mon Tshirt est hyper design, et que ses giclées de sang sont la dernière création Gucci.

    Franchement, je ne suis pas fier.

    Mais je n'ai pas commencé, et j'ai fait tout ce que j'ai pu pour éviter la violence gratuite.

    Les dents ne tâchent pas, mais c'est fou comme ça saigne, il m'en reste encore plein les poings.

    Soirée de merde, en gros, qui n'a été rattrapée que par la post-fraternisation qui caractérise toute effusion de sang. Et la satisfaction mesquine, machiste, et tout ce que vous femmes voulez, de ne pas avoir eu à renier un témoignage.

    J'étais quand même à deux doigts de penser, comme Coluche, que "s'intéresser aux problèmes des autres, c'est utiliser son intelligence à ses dépends".

     

     


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  • Je dois me fendre d'un exposé mardi sur les réactions de la presse arabe aux caricatures du Prophète (paix et bénédiction d'Allah soient sur lui.)

    J'ai bien envie de distribuer un petit document de travail aux étudiants. Avec tous ces sympathiques et facétieux dessins.

    J'me tâte.

    Une fois de plus, je suis pris dans le dilemme "je sais que je fais une connerie, mais ça me fera de supers souvenirs".


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  • J’ai eu l’insigne honneur de discuter avec un touriste français de passage au Liban. Avant, j’étais dans l’erreur, je pensais qu’Arafat valait bien Sharon dans la crapulerie. C’est parce que je ne savais pas.

     

    Son discours m’a ouvert les yeux, maintenant je comprends tout. Tout est clair. Tout est simple.

     

    Moi aussi, maintenant, j’ai toujours une petite pierre aux couleurs de l’OLP (dans la poche de mon jeans Levi’s) pour symboliser ma solidarité totale avec le peuple palestinien opprimé.

    Moi aussi, maintenant, je m’insurge contre le diktat impérialiste qui viole, pille et rançonne des innocents depuis soixante ans.

     

    Moi aussi je suis devenu un révolutionnaire par procuration, un fidèle de Saint Arafat qui « au risque de choquer », « comprend » le discours tenu par ce cher Mahmoud Ahmadinejad. Non, bien sûr, je ne parle pas de « rayer Israël de la carte », mais bon, quand on voit ce qu’ils font, c’est bien normal que des « résistants » aillent se faire sauter dans des bus ou des restaurants, parce que, vous comprenez, c’est le seul moyen qu’ils aient de se faire entendre, leur moteur est le désespoir et non pas un bon lavage de cerveau intégriste sur fond de paradis remplis de vierges, et d’ailleurs si Israël n’était pas un Etat-nazi qui égorge des enfants pour s’ouvrir l’appétit au petit déj, on n’en serait pas là.

     

    Maintenant, je suis pour les pièces de théâtre sponsorisées par le Fatah qui mettent en scène de joyeux bambins tout pleins d’avenir mimant avec intelligence l’attentat suicide avec leurs petites ceintures d’explosifs taille 6 ans.

     

    Je trouve d’ailleurs scandaleux qu’on fasse pas la même chose en France pour les fêtes d’école, j’espère que Leïla Shahid sera ministre de la Culture si Jack Lang est élu, car il est grand temps que la France réactionnaire, conservatrice, ultralibérale et rongée par le capitalisme sauvage arrête l’ethnocentrisme, tout de même. D’ailleurs, il conviendra de réviser les manuels scolaires pour faire un parallèle direct entre la Résistance française de la seconde guerre mondiale et la Résistance palestinienne actuelle, sans vouloir ajouter de l’eau à leur Moulin.

     

    Je me suis fait un keffieh avec la toile cirée de la table de la cuisine, les carreaux sont un peu plus grands, y’a quelques auréoles de café dessus, mais bon le message est là.

     

     

    J’ai tout compris, je vous dis, on m’a bien expliqué. Quand on voit ce qu'on voit et qu'on entend ce qu'on entend, on a bien raison de penser ce qu'on pense, voilà ce que j'en dis.

    « Un autre monde est possible », c’est quand même pas si compliqué, bordel.


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  • Une phrase de Cioran, tirée de Histoire et Utopie:

     "Quelque soit la grande ville où la hasard nous porte , j’admire qu’il ne s’y déclenche pas tous les jours des soulèvements, des massacres, une boucherie sans nom, un désordre de fin du monde. Comment, sur un espace aussi réduit, tant d’hommes peuvent coexister sans se détruire, sans se haïr mortellement. Au vrai, ils se haïssent, mais ils ne sont pas à la hauteur de leur haine. Cette médiocrité, cette impuissance sauve la société, en assure la durée et la stabilité. Mais, j’admire encore davantage que, la société étant ce quelle est, certains se soient évertués à en concevoir une autre, toute différente. D’où peut bien provenir tant de naïveté, ou tant de folie ? Nous n’agissons que sous la fascination de l’impossible. Autant dire qu’une société incapable d’enfanter une utopie et de s’y vouer, est menacée de sclérose et de ruine."

    Tout rapprochement avec le Liban est fortuit, bien entendu.

     


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