• Une phrase de Cioran, tirée de Histoire et Utopie:

     "Quelque soit la grande ville où la hasard nous porte , j’admire qu’il ne s’y déclenche pas tous les jours des soulèvements, des massacres, une boucherie sans nom, un désordre de fin du monde. Comment, sur un espace aussi réduit, tant d’hommes peuvent coexister sans se détruire, sans se haïr mortellement. Au vrai, ils se haïssent, mais ils ne sont pas à la hauteur de leur haine. Cette médiocrité, cette impuissance sauve la société, en assure la durée et la stabilité. Mais, j’admire encore davantage que, la société étant ce quelle est, certains se soient évertués à en concevoir une autre, toute différente. D’où peut bien provenir tant de naïveté, ou tant de folie ? Nous n’agissons que sous la fascination de l’impossible. Autant dire qu’une société incapable d’enfanter une utopie et de s’y vouer, est menacée de sclérose et de ruine."

    Tout rapprochement avec le Liban est fortuit, bien entendu.

     


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  • Une semaine déjà que je suis revenu au pays des Cèdres (il en reste deux ou trois dans le pays, et encore ils sont dans le jardin de Samir Geagea, chef des extrémistes chrétiens Forces Libanaises, à Becharré, d’où des vannes douteuses sur la corrélation directe entre ses possessions arboricoles et son patriotisme.)

    Tiens, faudrait que j’arrête les digressions sinon je suis condamné au « bref bref bref » de ma coloc de l’année prochaine, cette délicieuse « Fine Fleure de Delhi » qui est partie faire un stage de méditation à l’eau et au pain sex (sec pardon, c’était vraiment une faute de frappe, peut-on soupçonner les claviers de lapsus ?) au fin fond des montagnes indiennes.

    Tout ça pour dire qu’il ne s’est RIEN passé cette semaine. Je continue donc dans la description de tranches de vie plus ou moins révélatrices du quotidien libanais.

    Tout d’abord j’ai plus d’étage pour moi tout seul au foyer, finis les rendez-vous galants et Judas Priest à fond pour mieux dormir : je partage les semblants de salle de bain et de cuisine avec des gens.

    Pas n’importe lesquels en plus : des prêtres.

    Père Nader et Père Khoury sont très sympas. Sauf que le Nader a vraisemblablement des troubles digestifs qui lui font passer la nuit aux chiottes, dont une traîtresse cloison de 5 centimètres de vrai contreplaqué garanti 100% me sépare. J’ai l’impression d’y être. Sans commentaires. (sauf peut être celui là : « faites l’amour, pas Nader », mantra dont je m’assomme pour ne pas me faire exploser dans sa chambre en hurlant « Allahu Akbar »). Bref.

    Après, j’ai rencontré Rita. Super sympa la Rita.

    Non, ce n’est pas ce que vous croyez, c’est une femme de 50 ans, mariée, 4 enfants. Qui veille à la propreté toute relative des escaliers. On discute cinq minutes, le temps qu’on sorte des généralités de base, qu’elle grille que je ne comprends manifestement plus rien à ce qu’elle me raconte et qu’elle s’enquière de ma nationalité. On discute alors en français, louanges multiples sur le grand Chirac tout ça. Trop heureuse de papoter avec quelqu’un qu’elle considère comme un « allié », elle me vante la beauté de ses enfants qui sont « presque blonds » et « qu’on dirait pas du tout arabes ». Doux Jésus. Bref.

    Je prends congé. La gardienne du foyer m’interpelle et me dit qu’il ne faut pas que je rentre tard le soir parce que « les chrétiens sont menacés ». Elle est adorable mais complètement parano. Hier soir, elle m’a pris à parti pour aller tchatcher un mec qu’elle considérait comme « suspect » parce qu’attendant devant l’immeuble depuis plus de dix minutes. Ce possible espion syrien/hezbollien/alqaedien (rayer la mention inutile) était un chauffeur de taxi qui attendait un client. Bref.

    L’autre jour, je prends un taxi pour aller voir la conférence du Noam Chomsky à l’AUB (American University of Berouth pour les néophytes). Qui me soupçonne à demi mot d’être algérien et qui tente de m'arnaquer sur la monnaie. Bref.

    Une foule monstre, une organisation décevante, comme le note Bee . Pas de Noam donc, et pas de conclusion non plus, j’avais prévenu plus haut qu’il ne s’était rien passé cette semaine, à part les aperçus habituels de psychoses ordinaires. Bref.

     

    Vendredi, picole avec Julien, ce sera beaucoup plus rock’n roll à conter. Une fois de plus, vivement le week end.


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  • Voilà encore une vidéo, que j'espère moins pourrie que l'autre, qui montre le Brice sous son "meilleur" jour (ça t'apprendra à disserter sur ma vie privée), ainsi qu'un petit aperçu des soirées beyrouthines typiques, starring le Stick, le Carlocito, et quelques militaires, à l'endroit même où je me suis fait arrêter (pour les mêmes raisons que sur ladite vidéo d'ailleurs).

    Biroute à Beyrouth

     


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  • Voilà une petite vidéo à la qualité dégueulassissime, qui permet quand même de se faire une idée de la vieille ville et, pour les fans les plus assidus, de voir mes pénates syriennes, ainsi qu'un peu de propagande pro Bashar.

    Edit: le code html semblant boycotter l'insertion d'un objet vidéo, voilà un lien direct. C'est moins classe. Si quelqu'un a une solution je serai pure gratitude.

    Damas

     

     


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  • Goldarak, le fedayin au centre. 

    Hier, petite sauterie dans les milieux huppés des salariés de l'ambassade de France. Olivia ayant eu l'excellente idée de laisser son Julien Goldarak tout seul, nous nous sommes méthodiquement bourrés la gueule, tout en déblatérant littérature et géopolitique.

    Julien se spécialise dans la médiation interculturelle: il sait parler à l'indigène.

    Sa démonstration a commencé vers minuit, quand il s'est enquis de l'état de santé des libanaises présentes: "Hey giiiiiiirls! You want to suck my diiiick?"

    Après s'être fait de nouveaux amis donc, on a réussi à s'échapper sans trop de dommages collatéraux.

    Enfin, jusqu'à la rue Monot seulement, que Julien, ce délicieux païen, a eu la bonne idée de descendre en beuglant "I love Danemaaaaaaaark!" et de sonder conducteurs et passants: "You like Danemark? You know, the best country for comics?"

    Ce qu'il reste de Julien rentre en France en juin. Par les vols du 17, 18 et 19. De plus amples précisions sur ses dates de retour dès qu'on a retrouvé tous les morceaux.

     


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